jeudi 23 septembre 2010

Histoire de Gargenville suite (1875)




en cadeau--Une carte de la France en 1453 - à l'époque , une partie de la Belgique étai Française ??

Oui 1875 c'est du passé, mais c'est sur le passé que l'on peut construire l'avenir.

Extrait du journal de Mantes du 14 juillet 1875 - les inondations à Hanneucourt et Gargenville
Dans une des séances de l'Académie des Sciences, l'honorable savant M.Leverrier annonçait à ses collègues la présence de plusieurs cyclones, en France, dans le courant du mois de juillet de cette année. À peine cette communication était elle faite, que, sur plusieurs points du territoire, on en ressentait les terribles effets,et, depuis quelques jours, nous voyons des inondations se produire,sous deux formes très différentes, les unes par le gonflement subit des fleuves et des rivières, tel que cela a eu lieu à Toulouse, à Lisieux, à Pont Lévêque et ailleurs.
Les autres, par des pluies torrentielles et diluviennes comme celle qui viennent de tomber, ces jours derniers, sur plusieurs communes du Département de Seine et Oise, notamment à Hanneucourt - Gargenville, à Juziers, à Flins, à Nézel et autres villages de notre environ; il a suffit d'une heure et demi ou deux heures pour jeter la consternation, la dévastation et la ruine dans les familles,partout ou ce fougueux élément s'est manifesté avec la même force qu'à Hanneucourt, par exemple, ou la pluie et la grêle ne sont tombé, que pendant ce laps de temps : l'eau descendait avec tant d'impétuosité des collines et des montagnes , qui dominent ce petit hameau, que les rues étaient trop étroites pour la contenir: c'est alors qu'elle renversa sur son passage tous les murs qui lui faisaient obstacle : le nombre en est considérable après avoir frayé une plus large voie, elle entra dans les caves et dans les maisons d'habitation, ou elle monta dans quelque unes jusqu'au premier étage : ce fut en ce moment suprême que l'émotion fut générale dans Hanneucourt; les habitants, privés de communications entre eux, ne pouvaient s'entre aidés, et il a fallu que des hommes courageux et généreux, dont la vie pouvait être par ce noble élan opérassent un sauvetage en se jetant résolument à l'eau, dont la profondeur était, en quelques endroits de 2 à 3 mètres, pour aller sauver des femmes, des hommes, des enfants , qui auraient infailliblement péri sous les eaux, si on n'était venu promptement à leur secours.
Telle, en effet, fut la situation de toute la famille Julien Lemaire, composé du mari, de la femme et de sa fille, qui furent sauvés par Jules Fouret, Louis Désiré Falaise, Louis Cauchoix, ancien soldat au 123 ° de ligne, qui les on emportés sur leurs épaules au risque de périr avec eux; car l'eau qui se trouvait dans la cour avait en suspension des fumiers, des pailles, des fourrages, qui paralysaient leurs moyens d'action. Etc.
Pendant que cela se passait chez M.Lemaire, d'autres hommes non moins courageux, parmi lesquels nous mentionnerons M. Gabriel Guitel, Jules Normand, Louis Fouret, Paul Leroux, sergent au 57°de ligne, libéré le 20 juin dernier, Jacques, jardinier de madame la marquise de Circé, qui ont sauvés d'une mort certaine plusieurs habitants d'Hanneucourt; sans le bon prompt secours de ces bons citoyens, Melle Marie Cacheux et Mme Pitou auraient certainement été ensevelies sous les eaux, ainsi que M.Christophe Dangueuger, âgé de 83 ans, qui fut sauvé des eaux à 2 reprises différentes par son gendre Désiré Godde, lequel, avec sa femme et sa fille, eurent à lutter contre la mort pendant près d'une heure, et qui ne durent d'être sauvés à leur tour que par les libérateurs que nous venons de mentionner, en ajoutant à cette liste M.Gaumont , charon, qui a, lui aussi, parfaitement fait son devoir dans cette lugubre scène nocturne, car elle avait lieu entre dix et onze heures du soir; et elle n'était éclairée que par les éclairs qui se succédait sans relâche et qui fendaient les nues et cela au bruit effroyable du tonnerre qui grondait. Le tonnerre est tombé, dit-on sur la maison de M.Eugène Jean, mais il n'a fait aucun mal..La pluie a éteint le commencement d'incendie qui se produisait.
Pendant que ces désolantes scènes se passaient dans l'intérieur de quelques habitations, d'autres, non moins déchirantes avaient lieu dans les maisons voisines. C'est ainsi que Louis Fouret et sa femme furent sur le point d'être engloutis par les eaux en voulant sauver leurs bestiaux; et que Jean Baptiste Godde eu a lutter contre le torrent, avec sa femme, en se cramponnant à une porte ou il devait passer un instant plus tard; à bout de force tous les deux, ils abandonnèrent la porte, et, à ce moment même l'eau faisant irruption chez eux, fit écrouler un mur qui tomba instantanément sur le mari et la femme; ils faillirent donc être tués en même temps que noyés.
Un peu plus loin, c'était le fils de Louis Jules Racine qui sauvait sa mère que le torrent entraînait et qui aurait péri sans le secours filial. Tout le monde d'Hanneucourt a fait son devoir dans cette malheureuse circonstance et nous sommes heureux de pouvoir le constater dans cette note, notamment Lacoutre, jardinier de M.Bossin, qui s'est occupé à opposer une digue au flot courant qui menaçait d'entrer dans plusieurs maisons de son voisinage.
Mais tout n'était pas fini, on avait tout d'abord, comme cela devait se faire, commencé par le sauvetage des hommes, des femmes et des enfants; mais il fallait aussi procéder au sauvetage des gros animaux dont nous sommes heureux de le dire, aucun n'a péri dans dette sorte de cataclysme. Les chevaux, les vaches et les ânes ont été sauvés d'une manière miraculeuse; il en fut de même pour le petit bétail, tel que veaux , lapins, poules, etc.; presque tout à péri dans les eaux. C'est une perte assez sensible, il, il est vrai, pour les propriétaires, mais qui n'est rien , selon nous, en comparaison du nombre de personnes qui pouvait succomber dans cette triste nuit du 7 au 8 juillet 1875, dont on se rappellera longtemps. Un détail à noter en passant et qui vaut la peine d'être mentionné ici; au moment où l'eau envahissait l'écurie et l'étable chez Jules Normand, ce dernier, aidé de sa fille, âgée de 15 à16 ans , eut la bonne idée et la présence d'esprit de faire monter ses chevaux , ses vaches et un veau dans sont grenier, et, par ce moyen, il est parvenu à préserver ainsi de la mort ses bestiaux qui auraient été évidemment noyés.
On cite encore un coq appartenant à Julien Lemaire qui s'est sauvé seul, en se cramponnant sur une épave quelconque et qui suivait le torrent qui l'entraînait sur son parcours.
Quand l'eau s'est retirée et que le lendemain on a pu pénétrer dans les habitations, quel horrible spectacle s'offrait à la vue. Tous les meubles renversés pêle-mêle sur le carreau; le linge, la vaisselle, la batterie de cuisine, tout cela étaient enfoui dans la vase d’où on avait beaucoup de peine à les trouver et à les en retirer ; un bon nombre manquera à l'appel
Signé par Monsieur xXX Cultivateur Vigneron à Hanneucourt
J'aime la description et le style que l'on utilisait à l'époque de l'évènement. Ainsi que l'utilisation du Point virgule et " collines et montagne qui dominent Hanneucourt " et vous remarquerez le style et la ponctuation utilisée à l'époque
Le texte n'a pas été modifié, je garantis l'authenticité de ce document daté du 14 juillet 1875 -- Jean Biancat---

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire